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Le cannabis légal en Allemagne depuis le 1er avril

04.04.2024

Depuis le lundi 1er avril, la possession, la culture à domicile et la consommation de cannabis sont autorisés en Allemagne.

À minuit, devant la porte de Brandebourg à Berlin, des centaines de personnes ont célébré l'entrée en vigueur de la légalisation du cannabis en Allemagne (les détails de la loi allemande). L'achat légal ne sera pourtant possible qu'à partir du 1er juillet via des "Cannabis Social Clubs" à but non lucratif. Cette mesure est inspirée des bons résultats du Canada, en particulier du Québec qui pratique une légalisation très encadrée depuis 2018. Estimant que la politique de prohibition a échoué, le Ministre de la santé Karl Lauterbach défend que cette légalisation permettra de lutter plus efficacement contre les trafics.

Malgré ces changements, des préoccupations émergent quant aux effets de la réforme.

  • D'une part, certains expriment des inquiétudes quant à l'impact sur la consommation chez les jeunes. Sur la base de l'exemple québecois, M. Lauterbach a promis des moyens renforcés pour sensibiliser les jeunes aux dangers du cannabis, sans pour autant annoncer de montants précis. Les autorités font valoir que le cannabis reste interdit pour les moins de 18 ans. Sa consommation l'est aussi dans un rayon de 100 mètres autour des écoles, des crèches, des terrains de jeux.
  • Avant le 1er juillet, il ne sera pas possible d'acheter le produit dans l'économie légale, d'ici-là les consommatrices et consommateurs devront continuer de s'approvisionner sur le marché noir avec tous les risques que cela implique en termes de santé et de sécurité des produits. Cet achat sur le marché noir continue également de financer les organisations criminelles. 
  • D'autre part, les forces de l'ordre critiquent la complexité accrue des règlements, qualifiant la réforme de "monstre bureaucratique", pour contrôler que la réglementation soit mise en oeuvre.
  • Enfin, la Fédération des juges allemands anticipe un surcroît de travail considérable, avec plus de 200 000 dossiers liés au cannabis devant être réexaminés en raison des amnisties prévues par la loi, ce qui pourrait entraver les activités de la justice pénale pendant des semaines, voire des mois.