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Une étude sur 8 ans revient sur l’usage de la vape en termes de réductions des risques

22.11.2023

Jean-François Etter, connu internationalement comme expert de l’addiction à la nicotine et du développement d’interventions pour la prévention du tabagisme, vient de publier une étude longitudinale, sur huit ans, s’intéressant à l'évolution des comportements, attitudes et dépendances chez les utilisateurs·trices de vaporettes à long terme. Elle montre que la vape semble une alternative efficace à la cigarette en termes de réductions des risques mais aussi de diminution de la quantité de nicotine consommée.  

Malgré plus de 15 ans de disponibilité des vaporettes sur le marché, encore peu d'informations existent sur leur utilisation à long terme. Le but de cette étude longitudinale était donc de décrire l'évolution dans le temps des comportements, attitudes et dépendance lors d'une utilisation à long terme de vape.  

Pour se faire, des utilisateurs·trices de vaporettes ont dû remplir un questionnaire sur Internet entre 2012 et 2016, puis à nouveau en 2021 (soit en moyenne 8 ans plus tard). Au total, 375 personnes définies comme utilisateurs·trices continus, à savoir qu’ils·elles vapotaient à la fois au premier suivi et en 2021, ont été retenus. 

Les résultats de cette étude montrent qu’en 2021 : 

  • Seulement 11% des personnes, contre 33% au départ ont déclaré avoir fumé des cigarettes au cours du dernier mois.  

  • Moins de personnes ont déclaré qu'elles vapotaient pour faire face aux envies de fumer ou à d'autres symptômes de sevrage.  

  • Leur niveau de dépendance perçue à la vape a diminué au fil du temps. En 2021, 35% estiment même qu’ils pourraient arrêter de vapoter, contre 21% au premier suivi. 

  • Les participants semblent suivre les évolutions technologiques de la vape. Ils sont souvent passés de modèles de deuxième génération au départ (par exemple Ego) à des box mods en 2021 (par exemple iStick). 

  • Ils utilisaient des flacons de recharge plus grands et deux fois plus souvent des e-liquides faits maison.

  • Ils utilisaient moins souvent des arômes de tabac et ont réduit la teneur en nicotine des liquides, passant de 12 à 6 mg/mL. 

Cette étude permet ainsi de comprendre comment l'usage de le vape évolue dans le temps et elle va pouvoir aider à adapter les régulations et les interventions visant à réduire les risques liés au tabagisme.