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Nitazènes: hausse des surdoses et préoccupation des professionnel·le·s des addictions

Royaume-Uni
31.01.2024

Puissants opioïdes synthétiques, les nitazènes préoccupent les professionnel·le·s des addictions, notamment au Royaume-Uni. On les retrouve de plus en plus ces dernières années dans les drogues du marché noir, en particulier les opioïdes. Ils sont consommés en général de façon non intentionnelle et en quantité inconnue – marché non régulé oblige – ce qui pose de sérieux problèmes en termes de santé, aussi bien publique que privée. 

Détectés pour la première fois lors de tests effectués sur des drogues du marché noir au Canada en 2019, les nitazènes sont de plus en plus fréquents dans les analyses effectuées sur les drogues censées contenir d’autres opioïdes plus classiques, tels que l’héroïne, l’oxycodone et le fentanyl, ou encore dans les benzodiazépines, et y compris dans des produits issus du cannabis.

Développés par la recherche il y a environ 60 ans comme alternative à la morphine, les nitazènes n’ont jamais été approuvés cliniquement, étant donné les risques élevés de surdose. Ils sont en effet des centaines de fois plus puissants que l’héroïne, tel que l’explique un article de la revue The Lancet paru dernièrement à ce sujet.

Actuellement, la fréquence de leur détection est en hausse, tout comme le nombre de décès lié à sa consommation – le plus souvent par inadvertance. Il s’agit vraisemblablement de la pointe de l’iceberg, comme le souligne le même article, en indiquant que des tests sont encore en cours et que les nouveaux produits ne sont pas systématiquement testés.

À l’instar de l’organisation britannique Transform Drug Policy Foundation, les associations de professionnel·le·s s’inquiètent et mettent en avant une aggravation possible de la situation, étant donné que ce type de produits synthétiques offrent des avantages en termes de couts de production, dans un contexte où les cultures illicites de pavot et la production d’opium tendent à diminuer rapidement. Cette baisse pourrait être progressivement ainsi comblée par les nitazènes avec tous les risques inhérents.

Dans l'immédiat, un certain nombre de solutions, ou tout du moins de pistes, sont connues : informations, prévention, espaces de consommation sécurisés, ou encore drug testing. Cela ne doit pas empêcher de mener en parallèle une réflexion et un travail de fond en terme de régulation des drogues. En effet, les nitazènes dans les "drogues de rue" – ou dans celles que l'on trouve dans les marchés noirs sur internet – sont avant tout un produit du modèle de la prohibition.