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La vape est un outil efficace de réduction des risques lié à la consommation de nicotine

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15.02.2024

Un groupe de recherche interdisciplinaire suisse publie aujourd’hui les premiers résultats de l’étude suisse ESTxENDS, la plus grande étude au monde sur le vapotage comme aide à l’arrêt du tabagisme. L’étude souligne non seulement la grande augmentation des chances d’arrêt, mais également l’absence de problèmes de santé à six mois. Le GREA souligne l’importance de ces dispositifs pour la réduction des risques.

Dans le domaine de la consommation de nicotine, il est essentiel de se rappeler, comme le fait l’éditorial du New England Journal of Medicine (en anglais), que la combustion du tabac est responsable dans la grande majorité des atteintes à la santé. La consommation de nicotine seule présente des risques bien plus faible.

L’étude menée par Dr R. Auer et ses collègues, parue également ce jour (en anglais), participe à la recherche sur la vape comme outil pour arrêter de fumer, mais également à l’analyse de ses risques à court terme. Dans plusieurs villes de Suisse, l’équipe de recherche a recruté plus de 1’200 participant·e·s, dont la moitié a reçu un kit de vape et six mois de liquide gratuitement. Les 1’200 personnes ont ensuite toutes reçu des conseils pour arrêter de fumer, avec la possibilité d’utiliser des outils comme les patchs de nicotine. Ainsi, les deux groupes ont pu être comparés dans leurs parcours d’arrêt. Le résultat est sans appel : après six mois, 28,9% des usagères et usagers ayant reçu le kit de vape ont pu maintenir une abstinence aux cigarettes, alors que seulement 16,3 % des participant·e·s qui n’avaient pas un accès gratuit à la vape s’abstenaient toujours de fumer après six mois. Autrement dit, avec le vapotage, les participant·e·s avaient 1,77 fois plus de chance d’arrêter de fumer à 6 mois que s’ils s’en passaient. Les résultats, vérifiés par analyse biochimique, sont encourageants, mais les auteurs soulignent que nous n’avons pas non plus ici de solution miracle : l’arrêt du tabac reste très difficile.

De manière tout aussi intéressante pour les usagères et usagers de nicotine, les personnes ayant utilisé la vape ont fait part de moins de problèmes respiratoires après six mois. L’étude se poursuivra les 5 prochaines années afin d’évaluer les risques sur un temps plus long. En somme, l’étude a montré que le vapotage, associé aux conseils de soins standards, améliorait les taux d'arrêt sans aggraver les risques pour la santé sur une période de six mois. Ces résultats sont conformes à la mise à jour 2024 de la revue de littérature de référence Cochrane (en anglais). Les risques ne sont pas nuls, mais ils semblent sensiblement réduits, au moins à court terme.

Les professionnel·le·s des addictions appellent depuis de nombreuses années une véritable politique de réduction des risques dans le domaine de la nicotine, qui encadre de manière plus stricte les produits du tabac, tout en offrant des prestations de réduction des risques efficaces à celles et ceux qui le désirent. Cette étude est une avancée scientifique bienvenue qui atteste de la nécessité de développer une véritable politique de réduction des risques en matière de tabagisme.