Dépendances

N° 72 En parler (autrement)

Vingt-cinq ans que cela dure ! Un quart de siècle qu’un comité de rédaction réfléchit aux thèmes qui peuvent intéresser les professionnel∙le∙s romand∙e∙s ; que des personnes pouvant partager leur expérience ou leurs travaux sont identifiées ; que ces individus acceptent, sans gloire ni rémunérations, de prendre la plume et de s’exposer à l’opinion des autres ; que les équipes du GREA et d’Addiction Suisse éditent, mettent en page et finalisent – avec l’aide de graphistes et d’imprimeur∙euse∙s – la revue qui atterrit dans votre boîte aux lettres. L’extraordinaire, le miracle, se reproduit à chaque fois, loin de tout processus ISO. Dépendances se nourrit des soirées et des dimanches sacrifiés parce qu’on y croit, dans le tumulte et le désordre !

Si vous avez gardé votre collection, ou si vous parcourez celle que l’on trouve sur le site du GREA, vous verrez que la revue a souvent abordé il y a déjà dix ou vingt ans les sujets qui font l’actualité aujourd’hui. C’est normal : un journal comme celui-ci est un vecteur d’idées souvent en avance sur leur temps. C’est aussi une magnifique plateforme d’échange. Ce numéro, vous le verrez, ne fait pas exception. Comme souvent, il est parti d’une grande idée dont il a fallu réduire un peu la voilure. Nous nous sommes imaginés organiser des ateliers d’écriture avec des personnes qui consomment des substances psychoactives ou qui jouent aux jeux pour en parler… autrement : pas comme les professionnel·le·s, les politiques, les médias, l’industrie et pas comme nous le faisons nous-mêmes.

Bon, après il y a cette fichue variable qui s’appelle le temps et qui s’évertue à se mettre en travers de nos projets. On est donc passé au plan B et avons identifié des personnes capables de poser un regard personnel sur la thématique de cette revue. Le résultat est un patchwork auquel nous vous avons déjà habitué et qui, nous l’espérons, fait partie du plaisir que vous avez à la lecture de Dépendances. Ici, ce sont neuf perspectives différentes qui vont vous faire réfléchir aux représentations vis-à-vis des personnes qui consomment des substances psychoactives ou qui jouent à des jeux d’argent ou vidéo, et même qui parfois les produisent.

On ne termine pas un édito pour les 25 ans d’une revue sans remercier celles et ceux sans qui elle n’existerait pas : les membres des comités de rédactions successifs, la liste (presque) sans fin des auteurs et autrices d’articles, les financeurs (GREA, Addiction Suisse et OFSP), les équipes de nos deux institutions et, last but not least, vous – lectrices et lecteurs – sans qui tout ce travail n’aurait aucun sens.

Et puis, il y a une personne qu’il faut remercier plus que les autres. C’est Jean-Félix Savary qui a porté cette revue pendant près de deux décennies. Il quitte cet été son poste de secrétaire général du GREA et la rédaction de Dépendances. En héritage, il nous livre encore dans ce numéro son regard sur le rôle de la revue. Un immense merci à toi, cher compagnon de route, et que l’avenir ne te réserve que le meilleur !

Frank Zobel 

Sommaire 

1.   Editorial
      Frank Zobel

2.   Moi et les substances 
      
Ken

3.   Arrêter de jouer : sortir du placard et parler de son usage de substances 
      Carl Hart (traduite de l'anglais par Barbara Broers)

4.   Cohabitation et regard des autres 
      Gaël et Mindy 

5.   Interview
      de Prof. Reto Auer par Frank Zobel

6.   Le Jeu vidéo sous toutes ses coutures 
      Anthony P. 

7.   Interview
      De Elena Hoffmeyer par Ann Tharin et Benjamin Ravinet 

8.   Faire la fête consommer des substances et réduire les risques 
      David Perrin 

9.   Les mots des tactilos 
      Camille Robert et Fabrice Rosselet

10. Parler de la prescription médicale d'héroïne 
       Nadia, Céline, Michel et Sébastien 

11. 25 ans au service de l'intelligence collective 
       Jean-Félix Savary