Evaluation d’interventions en milieu hospitalier

- Selma H. Bouthoorn et al.[10], dans une étude portant sur l’analyse des données issues du système Hollandais de Surveillance Pédiatrique entre 2007 et 2009 relèvent que : «  Depuis 2007, des policliniques spéciales pour les enfants intoxiqués à l’alcool ont été établies aux Pays-Bas. Ces policliniques offrent une approche multidisciplinaire entre les pédiatres et les psychologues de l’enfance dans le but de détecter des problèmes psychosociaux et de prévenir les récidives. Certaines études ont démontré que c’est une approche efficace pour traiter et prévenir l’intoxication alcoolique chez les adolescents ».

- Jean-Bernard Daeppen, Nicolas Bertholet et al[11]. ont évalué l’efficacité d’interventions motivationnelles brèves effectuées sur un échantillon de 199 hommes Suisses dans le cadre du recrutement militaire, comparé à un groupe de contrôle composé de 219 hommes, aussi dans le cadre du recrutement, qui n’ont pas reçu d’intervention brève. Concernant les « binge drinkers » du groupe ayant reçu une intervention brève, leur consommation a diminué de 20% comparé aux « binge drinkers » du groupe de contrôle. Le groupe ayant reçu l’intervention brève a réduit sa consommation de 1.5 verres par semaine, alors que le groupe de contrôle a augmenté sa consommation de 0.8 verres par semaine. Chez les hommes qui avaient subi une ou plusieurs conséquences négatives liées à l’alcool dans les 12 derniers mois, ceux du groupe « intervention brève » ont bu 19% de moins que ceux du groupe de contrôle.

- Gerhard Gmel, Jacques Gaume et al[12]. remarquent qu’ « il existe des méta-analyses assez nombreuses qui montrent que les interventions brèves peuvent avoir des effets bénéfiques sur la réduction de l’usage de l’alcool (p.ex. Bertholet, Daeppen,Wietlisbach, Fleming, & Burnand, 2005 ; Kaner et al., 2007 ; Moyer, Finney, Swearingen, & Vergun, 2002), et il y a des résultats prometteurs concernants les interventions brèves qui utilisent des éléments de l’entretien motivationnel sur les adolescents et les jeunes adultes (Grenard, Ames, Pentz, & Sussman, 2006 ; Larimer, Cronce, Lee, & Kilmer, 2004 ; Toumbourou et al., 2007) ». [traduction personnelle depuis l’anglais].

- Selon Jacques Gaume, Nicolas Bertholet et al.[13], « les interventions motivationnelles brèves ont un grand potentiel sur les adolescents et les jeunes adultes parce qu’elles les acceptent comme des individus, en se focalisant sur l’évitement de l’argumentation et de la confrontation hostile sans donner des interventions sous la forme d’ultimatums (Tevyaw & Monti, 2004). Cela suggère que les techniques conçues pour augmenter la motivation intrinsèque peuvent se traduire effectivement par un changement de comportement significatif. La recherche sur l’intervention motivationnelle brève pour les jeunes gens a démontré quelques résultats prometteurs (Grenard, Ames, Pentz, & Sussman, 2006 ; Tevyaw & Monti, 2004 ; Toumbourou et al., 2007) ».

 

 

[10] Selma H. BOUTHOORN, Joris J. Van HOOH, Nicolaas VAN DER LELY, « Adolescent alcohol intoxicaton in Dutch hospital centers of pediatrics : characteristics and gender differences », Springer Verlag, 2011, p. 1028

[11] Jean-Bernard DAEPPEN, Nicolas BERTHOLET et al., « Efficacy of brief motivational intervention in reducing binge drinking in young men : A randomized controlled trial, in Drug and Alcohol Dependence, N°113, 2011, pp.69-75

[12] Gerhard GMEL, Jacques GAUME et al., « Brief alcohol intervention as pragmatic intervention : Who is voluntarily taking an offered intervention ? », in Alcohol, N°46, 2012, p.551

[13] Jacques GAUME, Nicolat BERTHOLET et al., « Does change talk during brief motivational interventions with young men predict change in alcohol use ? », in Journal of Substance Abuse Treatment, N° 44, 2013, p.177