Le modèle hollandais: coffee-shops

Les Pays-Bas ont réglementé la vente et la consommation de cannabis depuis 1976. Le pays a développé un système de points de vente agréés : les coffee-shops. Bien que dans l’ensemble, ce système ait fonctionné efficacement, les contraintes du cadre juridique international l’ont mis à mal. En effet, cette politique unilatérale entraîne des problèmes de « tourisme de la drogue », notamment dans les villes frontalières. Du coup, les autorités ont décidé de durcir la loi. Son application fait polémique.

Jusqu’au début de l’année 2012, le pays règlementait l’usage du cannabis à travers la vente et la consommation au sein des coffee-shops. Il y en avait près de 700 dans tous le pays et ils suivaient des règles strictes :

-       Les coffee-shops doivent se trouver à plus de 250 mètres des écoles.

-       Les clients doivent avoir au moins 18 ans (21 dans certains établissements).

-       Les clients peuvent acheter jusqu’à 5 grammes par jour et en 2 passages maximum.

-       Les drogues dures sont interdites ; idem pour l’alcool (depuis 2009).

 -       Le stock est limité à 500 grammes et la publicité est interdite.

 

A l’extérieur des coffee-shops, des règles claires sont également en vigueur :

 -       La possession de cannabis est autorisée jusqu’à 5 grammes.

 -       La consommation dans les lieux publics est interdite en présence de mineurs et en cas de troubles de l’ordre public.

 -       La culture de 5 plantes à titre de consommation personnelle est autorisée.

 

Toutefois dès le 1er mai, la réglementation s’est durcie et les coffee-shops sont transformés en « clubs fermés » pour lutter contre le « tourisme de la drogue » : les clients sont obligés de s’enregistrer pour obtenir une « carte cannabis » et devenir membre de coffee-shop. Ils sont limités à 2000 membres et réservés aux résidants du pays.

Parfois dans la plus grande confusion et malgré les oppositions, cette loi a d’abord été mise en place dans les coffee-shops du sud du pays. Elle devrait être étendue à l’ensemble du territoire en 2013, mais les dirigeants des principales villes du pays n’en veulent pas. Au delà du manque à gagner (jusqu’à 60%) pour les coffee-shops, la privatisation de ceux-ci engendre une explosion du deal de rue. En effet, d’une part les étrangers continuent à s’approvisionner dans le pays ; d’autre part, certains résidants refusent d’être fichés et préfèrent s’alimenter sur le marché noir. On assiste aussi à une fusion des marchés des drogues : les dealers d’héroïne et de cocaïne se mettent à vendre également du cannabis. Autre problème associé à l’augmentation du marché noir : l’accès au cannabis pour les mineurs qui étaient jusque là refoulés à la porte des coffee-shops, a été facilité.