De quoi parle-t-on ?
L'essor des mondes numériques modifie notre comportement. Nous leur consacrons plus de temps et sommes quasi en permanence face à un écran, connectés à internet : smartphone, tablette, ordinateur, console, tv, etc. Vous en doutez ? Si vous prenez le train, regardez autour de vous.
La multiplication des écrans génère potentiellement des risques d’usage excessif. L’usage excessif des jeux vidéo, des réseaux sociaux, des chats, des jeux en ligne ou des sites pornographiques est aujourd’hui un motif de consultation. Encore peu documenté, ce rapport problématique aux médias électroniques s’expliquerait pour partie par des mécanismes similaires à ceux qui prévalent, par exemple, dans le jeu excessif et à ce que l’on appelle, plus généralement, les addictions sans substance.
Le terme de cyberaddiction est sujet à controverse. Il n’existe pas de consensus scientifique quant à la notion de cyberaddiction ; les études cliniques sont à ce sujet insuffisantes. Les classifications internationales (DSM ou CIM) n’ont, pour l’heure, pas retenu de diagnostic relatif à l’addiction à internet. Son emploi comporte un risque de stigmatisation à l’encontre des jeunes et des cultures numériques émergentes. Il convient dès lors, si on veut l'utiliser, de le faire avec prudence, notamment à l’égard de la jeunesse avec laquelle on préférera parler "d’usage excessif” (voir «Position du GREA sur l’hyperconnectivité»).
Ce que l’on sait
Les cas d’usage excessif et problématique existent. Ils représentent une part minime des consultations en addictologie mais les symptômes décrits sont similaires à ceux d’autres addictions : compulsivité, irritabilité, perte d’autonomie. Pour l’essentiel, en Suisse romande, les demandes d’aide proviennent de jeunes hommes dépassés par leur consommation de jeux vidéo ou de jeux en ligne, notamment les jeux de rôle massivement multijoueurs de type World of Warcraft.
Pour la Suisse, des études chiffrent à plusieurs dizaines de milliers le nombre d’usagers d’internet qui présentent des signes d’addictions (voir faits et chiffres).
Il est toutefois difficile de définir précisément et quantitativement à partir de quand l’usage d’internet et des médias électroniques est problématique. La plupart d’entre nous y consacre des heures chaque jour, sans que cela ne pose problème ou génère des mécanismes addictifs.
Comment sensibiliser les jeunes ?
Dans le domaine des médias électroniques, les jeunes possèdent une expertise. Ils maîtrisent les outils et possèdent un savoir-faire technique parfois supérieur à celui de leurs parents. Il est donc impératif de les amener à réfléchir par eux-mêmes aux risques d’un usage potentiellement excessif et non de stigmatiser leur consommation numérique au motif d’une incompréhension générationelle. Les médias numériques ne sont pas forcément synonymes de repli sur soi. Ils sont aussi générateurs d’opportunités, d’ouverture à l’autre et de souplesse d’esprit.
Le projet In medias
Ce projet éducatif consiste à développer des ateliers de dialogue philosophique entre les jeunes autour de la thématique des médias électroniques. Le dialogue philosophique vise à renforcer les compétences sociales et réflexives des jeunes. Il contribue au développement de leur pensée critique. Il les encourage à s’interroger, à se situer par rapport à leur usage des jeux et des écrans. Il leur apprend également à mieux se connaître et à se positionner. En savoir plus ...