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Après les étrangers et les toxicos, l’UDC déclare la guerre à la drogue

Viviane Prats, Présidente du GREA

A la suite de ses déclarations fracassantes sur la remise en question de l’intervention humaine au sujet du réchauffement climatique, l’UDC tente une nouvelle manipulation électoraliste et populiste. Sous le slogan un shoot pour nos enfants ? Jean-Claude Mermoud et ses acolytes lancent la campagne et fourbissent leurs armes : après les étrangers, les toxicomanes sont cette fois-ci dans leur ligne de mire. Peut-être un jour – qui sait ? – ce sera le tour des personnes âgées, des pauvres, des malades chroniques et des homosexuels.

Les problématiques en lien avec la question des dépendances sont, nous le savons, complexes et multiples. La Suisse a su faire preuve de sagesse et de pragmatisme en mettant en place une politique de drogues efficace, avalisée en décembre dernier par le Parlement. Ce qui démontre que les politiciens, dans leur grande majorité, élaborent des politiques qui reposent sur les connaissances et les expériences éprouvées faites par les professionnels du terrain. Les mesures mises en œuvre dans ce cadre sont faites d’un continuum d’actions diversifiées qui répondent aux besoins spécifiques des personnes concernées, s’étendant de la prévention à la répression en passant par le traitement et la réduction des risques. La mise en place d’un espace de consommation, à Lausanne, est une mesure supplémentaire qui vient renforcer le dispositif existant. C’est une réponse pragmatique pour permettre aux personnes toxicodépendantes en phase de consommation de se mettre en lien avec les professionnels du réseau socio-sanitaire. C’est un moyen qui permet de diminuer les risques de propagation et de transmission de maladies comme le sida ou les hépatites, aussi bien pour les personnes qui utiliseront cet espace que pour la population en général.

Si chacun rêve d’un monde sans drogues, la réalité, hélas, nous rattrape. Il faut donc pouvoir s’adapter à celle-ci et apporter des vraies réponses aux véritables problèmes. La prévention est indispensable, les traitements visant à l’abstinence le sont tout autant et les mesures de réduction des risques, dont font partie les locaux d’injection, le sont aussi. Il n’existe aucun parent qui souhaite que son enfant ait un jour des problèmes de dépendance, et pourtant cela arrive. Alors, non seulement comme professionnelle de ce domaine, mais aussi comme mère, je préférerais, sans aucun doute, que mon enfant puisse avoir accès à un espace où il soit accueilli, et où on essaie de maintenir un lien en lui offrant en endroit sécurisé et propre, même pour faire un shoot, eh oui, plutôt que de l’abandonner au bord de la route, au fond des toilettes publiques, dans la crasse et l’urine.

Il ne s’agit pas d’un shoot pour nos enfants, mais bien de se dire que la société se doit de prendre soin des plus démunis ; c’est une question de solidarité, d’éthique et de dignité humaine. Imaginer que l’ouverture de cet espace brouille les messages de prévention et favorise la consommation des plus jeunes est une insulte qu’on leur fait car ils ont, eux, compris que les plus marginaux et désinsérés des toxicomanes ont besoin de soins et d’un lieu d’accueil.

Alors, Messieurs de l’UDC, arrêtez de vous emparer de problèmes dont la complexité vous échappe et laissez les professionnels faire leur travail !

 

 

 

 

 


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