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Révision de la loi sur la
radio et la télévision:
le GREA s'oppose à l'introduction
de la publicité pour l'alcool et le tabac
Le GREA s'inquiète beaucoup de l'initiative parlementaire
de M. le Conseiller aux Etats Carlo Schmid ainsi que de la volonté
des milieux publicitaires de lever l'interdiction de la publicité
pour les boissons alcooliques dans le cadre de la révision
de la loi sur la radio et la télévision.
En effet, les professionnels des dépendances souhaitent tout
d'abord rappeler que l'abus d'alcool et l'alcoolisme représentent
un des problèmes majeurs de santé publique en Suisse
et que notamment 10% des décès chez les hommes de 15
à 35 ans sont dus à l'alcool.
Ces dernières années, plus de 50 études scientifiques
ont démontré l'influence considérable de la publicité
pour l'alcool et le tabac sur la consommation, sur les problèmes
de santé qui en découlent et sur la sécurité
routière. Ainsi dans les pays interdisant la publicité,
les jeunes consomment de l'alcool et du tabac plus tard et dans des
proportions moindres que dans les pays moins réglementés.
De plus, la publicité donne une image positive de ces produits
et met en valeur les nouvelles manières de boire en contribuant
ainsi à perpétuer l'idée que ces habitudes sont
socialement encouragées. Sinon, pourquoi les distributeurs
dépenseraient-ils des millions pour la promotion de leurs produits
? L'argument de la répartition entre les marques n'est pas
suffisant.
Les mesures visant à déréglementer ce secteur
constituent un grave danger pour la santé publique et sont
une incitation supplémentaire à consommer, en particulier
pour les jeunes qui sont la cible principale des messages publicitaires.
Enfin, nous nous référons également aux recommandations
faites lors de la conférence ministérielle européenne
de l'OMS sur les jeunes et l'alcool de février 2001. A cette
occasion, la conférence a souligné l'effet préventif
d'un catalogue de mesures déployées par les pouvoirs
publics parmi lesquelles figure la réduction de la publicité
pour l'alcool.
Le bon sens voudrait que la Suisse œuvre dans le même sens malgré
les pressions économiques qui sont exercées par les
milieux concernés. A l'heure où la dépénalisation
du cannabis est sérieusement envisagée, le choix de
s'abstenir de faire de la publicité pour tous produits psychotropes
est un élément important dans une politique de santé
publique cohérente.
Yverdon-les-Bains, le 4 février
2002
Voir aussi la résolution
de l'ISPA.
Conseil fédéral - communiqué
du 23 janvier 2002
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