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Prise de position du GREA sur le
message du Conseil fédéral relatif à la révision
de la loi sur les stupéfiants
Le Groupement romand d'études sur l'alcoolisme et les toxicomanies,
GREA, a pris connaissance, avec intérêt, de la proposition
de nouvelle loi sur les stupéfiants que le Conseil fédéral
va soumettre au Parlement. Les intervenants regroupés au sein
du GREA se réjouissent de la proposition de dépénalisation
de la consommation du cannabis répondant ainsi à un
souhait que les professionnels du champ des dépendances émettent
depuis plusieurs années.
La dépénalisation de la consommation de stupéfiants
et de psychotropes tels que le cannabis répond à l'évolution
des normes de la société et évite la pénalisation
contre-productive et inutile d'une frange importante de la population,
en particulier les jeunes. Le GREA relève que le Conseil fédéral
préconise une certaine tolérance en ce qui concerne
le commerce du cannabis, acceptant par là qu'un commerce contrôlé
est plus efficace, en matière de prévention, qu'un marché
noir synonyme de dangers quant à la qualité et aux abus
qui lui sont liés. Il regrette toutefois la limite de vente
de tels produits fixée à 18 ans, excluant de ce marché
contrôlé, la frange de consommateurs de 16 à 18
ans. Une limite à 16 ans aurait été plus proche
des réalités et aurait permis une prévention
plus efficace. Le GREA est aussi intéressé à
ce que la prescription d'héroïne entre dans la palette
des prestations d'aide et de soutien que l'on peut offrir aux personnes
dépendantes, répondant ainsi à des besoins spécifiques
de ces personnes.
Le GREA préconise, depuis longtemps, la dépénalisation
de tous les stupéfiants. Il estime que le Conseil fédéral
aurait pu faire preuve d'un plus grand courage en franchissant ce
pas supplémentaire plutôt que d'instaurer un système
de possibilités de dérogation à la loi insuffisant
et susceptible de créer des inégalités. De plus,
le GREA déplore qu'il ne soit pas fait mention plus explicitement,
dans cette nouvelle loi, des psychotropes dits légaux tels
que l'alcool et le tabac. En effet, les dépendances liées
à ces deux produits provoquent aujourd'hui beaucoup plus de
décès et de problèmes que les opiacés.
Par ailleurs, le GREA regrette que la question du financement des
institutions résidentielles basées sur l'abstinence
ne soit pas clarifiée, ce qui diminue malheureusement la crédibilité
de la politique des quatre piliers.
Yverdon-les-Bains/12.3.01
Pour plus d'informations:
"Pour un commerce contrôlé
du cannabis"
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