Où en est-on?
Le Conseil des Etats est la première chambre à s'être penchée sur le projet de loi. Elle l'a approuvé durant la session de printemps, tout en y apportant des modifications importantes:
- La progressivité de l'impôt proposée par le Conseil fédéral est remplacée par une imposition basée sur le rendement (l'impôt sur les boissons spiritueuses est ainsi perçu sur la base d'estimations et non sur la base de la production effective). Cette nouvelle méthode de calcul sera combattue par les professionnels des addictions, puisque à coup sûr elle diminuera la recette fiscale et, donc, les moyens financiers consacrés à la prévention. L'ampleur de cette perte pourrait s'avérer catastrophique. Comptant les autres allégements fiscaux prévus, elle pourrait amputer de moitié la recette de l'impôt, selon les chiffres du Département fédéral des finances.
- Le Conseil fédéral devra fixer un prix minimal pour chaque boisson dépendant de sa teneur en alcool. Ce nouvel article est salué par les professionnels des addictions.
- L'octroi d'avantages restera autorisé pour toutes les boissons alcooliques. Ce revirement est bien entendu déploré par les professionnels des addictions.
Le Conseil des Etats a par ailleurs suivi le Conseil fédéral dans sa volonté d'interdire la vente d'alcool dans le commerce de détail entre 22 heures et 6 heures. Une mesure forte, réclamée tant par l'Union des villes suisses que par les milieux de la prévention. Ceux-ci se réjouissent aussi du soutien des conseillers aux Etats aux mesures structurelles contenues dans le projet de loi, notamment la création d'une base légale pour les achats-tests, qui ont depuis longtemps prouvé leur utilité mais étaient menacés faute d'un ancrage dans la loi.
Mais le Conseil des Etats a aussi validé les points controversés du projet de loi. Il a notamment accepté, à une très courte majorité, de maintenir à 29 francs la dîme sur l'alcool, contre l'avis des professionnels des addictions qui souhaitent la voir augmenter à 35 francs. Cette décision, couplée à celle de calculer l'impôt sur les spiritueux au rendement, met gravement en péril le financement des actions de prévention.
En l'état, le projet de loi tel que modifié n'est donc pas acceptable pour les milieux de la prévention. Ceux-ci s'efforceront encore de rallier les parlementaires à leur cause: le Conseil national doit étudier à son tour ce texte durant la session d'automne.
Documents des professionnels :
> Comparaison des politiques alcool en Europe: étude AMPHORA
> Changements apportés par la révison totale de la loi sur l'alcool Récapitulatif du transfert des compétences: aujourd'hui - 2014
> Message concernant la révision totale de la loi sur l'alcool
> Récapitulatif du transfert des compétences - GREA
> Loi sur l'alcool - Les changements proposés le 7 septembre - GREA
> Position de la NAS-CPA sur la politique en matière d’alcool (en PDF)
> Les chiffres sur le site de l'OFSP
> Les conséquences de la consommation d'alcool en Suisse
Processus législatif :
> Etat de la révision de la loi sur le site de la régie fédérale des alcools
> Les débats du Conseil des Etats transcrits au Bulletin officiel
> Résultats de la procédure de consultation
Communiqués de presse :
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> Le communiqué de la Commission de l'économie et des redevances du Conseil national (en PDF) |
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> Le communiqué d’Addiction Suisse et du GREA - 07.09.2011 (en PDF) |
Achats test :

